TRADUCTIONS

CHANSONS TRADUITES

D’après Andy Irvine

La côte ouest du Clare

J’ai tant de souvenirs de toi et de regrets,
Tant de chagrin et tant de souffrances amères,
Que je ne puis jamais rester le cœur en paix.
Mon âme s’en revient sur la côte ouest du Clare,
Pensant au temps jadis vécu là tous les deux.

Je retourne marcher sur la Pointe espagnole,
Sachant bien que tu y paraîtras sous mes yeux.
La grève où je me tiens, livide, se désole :
Je te revois partout mais tu n’es nulle part;
Mes souvenirs s’en vont mais la peine demeure.
Je voudrais retrouver tous ces moments épars
Et les revivre avec toi avant qu’ils ne meurent.

Dans le pub de Milltown je suis allé m’asseoir,
Et je te vois partout; ton visage me hante.
Chercher le temps passé est un doux désespoir.
Chasser ma solitude est une œuvre incessante,
Car mes tristes pensées ressurgissent toujours.

Je longe le rivage,
La pluie dans le visage,
Et mon cœur alangui,
Tout de regrets empli,
Nulle part ne te trouve.
Une fois reparti
Dans mon lointain pays,
Je songerai en rêve
Que je marche avec toi
Sur ce rivage froid.

J’ai tant de souvenirs de toi et de regrets,
Tant de chagrin et tant de souffrances amères,
Que je ne puis jamais rester le cœur en paix.

POÉSIES TRADUITES

D’après William Butler Yeats

D’un poète à sa bien-aimée

Je t’apporte dans mes mains respectueuses
Les livres de mes rêves sans nombre,
Femme blanche que la passion a vêtue
Comme la marée revêt le sable gris-colombe,
Et avec un cœur plus vieux que la corne
Que le pale feu du temps a fait déborder :
Femme blanche aux rêveries sans nombre,
Je t’apporte mes rimes passionnées.

Les deux arbres

Ô mon Amour, regarde dans ton cœur
Le saint arbre qui croît;
Dans le bonheur poussent ses saintes branches,
Sur lesquelles les fleurs doucement se trémoussent.
Les changeantes couleurs de ses fruits
Enrobent les étoiles de leur belle lumière;
Ses racines cachées
S’enfoncent dans la nuit tranquille;
La danse verdoyante de sa cime
Accorde aux vagues leur mélodie,
Et marrie mes lèvres à la musique
Que murmure pour toi ce chant magique.
C’est là que les Jupiters suivent le cercle
Enflammé de nos jours,
Tournoyant, virevoltant ça et là
Par les feuillages indifférents;
Tu revois tes cheveux remués par le vent,
Et tes sandales courant à tire-d’ailes,
Et tes yeux s’emplissent d’une tendre attention :
Ô mon Amour, regarde dans ton cœur.

Ne regarde plus à travers la vitre amère
Les démons subtilement rusés,
Envole-toi à leur passage,
Ou regarde-les à peine;
Là s’accroît une image fatale
Qu’accueille la nuit tempêtueuse,
Des toits à moitié ensevelis sous la neige,
Des ramures brisées et des feuilles toutes noires.
Toutes choses deviennent infécondes
À travers la vitre terne que tiennent les démons,
La vitre du dehors lassé,
Fabriquée pendant que Dieu dormait en ses vieux jours.
Là, parmi les branches cassées,
Vont
Les corbeaux de la pensée sans repos;
Volant, criant, de çà de là,
La griffe cruelle et la gorge affamée.
Ou bien ils se tiennent là, humant le vent,
Et secouant leurs ailes loqueteuses… Hélas !
Tes yeux tendres s’emplissent d’une méchante indifférence.
Ô ne regarde plus à travers la vitre amère !

D’après Katherine Mansfield

À Stanislaw Wyspiansky

Elle est au sein des flots, cette minuscule île
Qui coud sa propre histoire, aveugle et malhabile
– À l’autre bout du monde, où s’enchante pour toi
Le gros sein de la mer qui te berce avec moi.

Comme un petit enfant avec son jeu de briques,
Elle résout doucement sa problématique,
Rapièce son histoire en créant son motif
Et sans histoire glisse en son sang primitif.

C’est ce sang des pionniers qui dans mon sein s’écoule,
Un sang de femme, un sang jeune qui se déroule
Contre son fort roulis mais d’un flux effréné :
Un magnifique chant dans ma poitrine est né.

Je chante ta louange, ô guerrier magnifique !
Ma clameur fait tonner ton combat héroïque !
À l’autre bout du monde, un magnifique chant
T’acclame et se souvient dans le flux de mon sang.

Mon peuple n’a jamais eu à livrer bataille
Mais de ses mains bourrues tout le jour il travaille
Sous des flots de soleil et porte à bout de bras
Des remblais – et sa Vie, qui le terrassera.

Elle est au sein des flots, cette minuscule île
Où sourdent mes clameurs et mes rimes fébriles
– À l’autre bout du monde, où s’enflamme pour toi
Le beau sein de la mer qui enfle au fond de moi.

Mon peuple ignore tout des invisibles ombres
– Cette obscure présence où tout le réel sombre
Ainsi que le matin; mais pure est l’eau qui fuit
De la cime des monts jusqu’au val reverdi.

Mon peuple n’a jamais connu la mauvaise herbe
Ni la vrille pourrie qui en tous lieux s’engerbe
– Et la tapisserie cousue des rêves vrais
De ta tragique enfance, il la déchirerait.

La lueur attristée de ton âme, mon peuple
La briserait du rire enfantin du bon peuple.
Mais toi mon Maître, ô toi, l’intimidant, le mort,
Le père et le géant, l’ancien et le fort,

Nous t’appartenons. Tu découvris qu’un sang rouge
Dans les veines bleuies de la Mort brûle et bouge.
Tu arboras la Mort. En vivant, en cador,
Tu bondis dans ta tombe et combattis la Mort.

Ton œuvre, Stanislaw, est bien plus personnelle
Qu’un miracle du Christ; ta rencontre est de celles
Dont nul commandement, pas même ceux du Christ,
N’atteindra la vigueur ! Ô Wyspianski ! Ô Christ !

Ton nom est d’un lutteur, pleuré d’un monde à l’autre,
Stanislaw Wyspianski – et je suis ton apôtre.
Des milliers de miles fracassés par les flots
À l’autre bout du monde égrènent ces sanglots :

« Il repose en Pologne, et la Pologne nie
Sa mort; mais le génie bien éveillé renie
La Mort et sent battre le sang dans son grand cœur…
Il gît au sein des mots; il vit au sein des cœurs. »

D’après Michael Kennedy Joseph

Fille, garçon, fleur, bicyclette

Cette fille
Attend au coin
Ce garçon
Qui roule librement sur sa bicyclette.

Elle tient
Une fleur dans sa main
– Une fleur d’or.

Dans ses mains elle tient
Le soleil.

Pédalant de toute la force de ses cuisses,
Le garçon
Vient en souriant vers elle.

Il chevauche
Une bicyclette qui scintille comme
Le vent.

Ce garçon, cette fille
Marchent
À l’allure du vent.

Bras dessus, bras dessous,
Ils remontent la rue en palier
Jusqu’à ce que,
Posée sur le guidon luisant,
La fleur
Soit ronde et éblouissante comme
Le soleil.

D’après John Donne

La canonisation

Grand Dieu ! retiens ta langue, et laisse-moi aimer,
Ou gronde ma paralysie, ou bien ma goutte,
Mes cinq cheveux gris ou raille ma banqueroute,
Que par la richesse et les arts soient sublimés
Ta vie et ton esprit, fais ta route, aie ta place,
Du roi observe donc ou l’Honneur ou la Grâce,
Contemple ou l’estampée ou la réelle face,
Quoique ce soit, au reste, il te faut l’affirmer,
Pour une seule fin : de me laisser aimer.

Hélas ! Hélas ! Qui par mon amour est brimé ?
Quels navires marchands dans mes soupirs s’abîment ?
Qui peut dire « Ma terre en ses pleurs s’envenime » ?
Quand ma froidure a-t-elle un printemps supprimé ?
Quand les ardeurs remplies par mes veines ont-elles
Fait augmenter la note d'une somme telle ?
Soldats et avocats dénichent par kyrielles
Combats et contentieux par des conflits semés,
Bien que ma Douce et moi nous contentions d'aimer.

Parle ! Mais c’est ainsi qu’Amour nous a formés;
Appelle-nous mouche, l’un et l’autre de même,
Nous sommes cierges, et nous mourons par nous-mêmes,
Et l’aigle et la colombe en nous sont installés.
L’énigme du phénix a bien plus de mystère
Par nous; nous sommes lui, et nous deux, unitaires.
Ainsi sont réunis les deux sexes contraires.
Nous mourons et ressuscitons, amalgamés,
Et sommes mystérieux par ce commun aimer.

C’est mourir si nous ne pouvons vivre d’aimer,
Et si à notre amour ni le berceau ultime
Ni la tombe ne soient, mieux lui siéra la rime;
Et si dans la chronique on ne peut s’affirmer,
Nous ferons en sonnets des séjours agréables;
L’urne bien écrite devient plus honorable
Que toute cendre, et plus que tout est mémorable;
Par ces hymnes tout être doit être charmé
Que nous deux nous soyons canonisés d’aimer;

Et invoquer ainsi : « Votre adorable aimer
A su faire de l’Autre un parfait ermitage;
Vous, par qui tout amour change la paix en rage;
Vous qui fîtes l’âme du monde se pâmer,
Vous qui reflétâtes par vos yeux les images
(Ainsi que des miroirs, ou des gens d’espionnage,
Qui n’ont jamais cherché qu’à faire à votre image)
Des cours, des villes et des pays : réclamez
Que tout, à tout jamais, ressemble à votre aimer ! »

D’après James Keir Baxter

Une corde pour Harry Gras

Ô certains ont tué par amour fou
Et certains ont tué par haine,
Et d’autres ont tué en terres étrangères
Pour affaire d’État.
Les mains du bourreau sont des mains abstraites
Bien qu’elles apportent une mort soudaine –
« Le bourreau maintient la pureté du pays »,
Dit Harry Gras, le Roi.

Le jeune amour flanquera des coups de pieds aux chaises
Et brûlera comme un feu imprévu,
Désirant ce qu’il ne peut avoir,
Un amour véritable en retour.
Qui sait quelle rage et quelles ténèbres s’abattront
Quand se refroidiront les pensées des amants ?
« Quiconque tue devra le payer cher »,
Dit Harry Gras, le Vieux.

D’une main violente un jeune homme tente
De rectifier l’aspect de la vie.
Celui-ci au fusil,
Et celui-là au couteau.
Mais qui peut voir clairement les solutions
Qui tranchent notre poussière gémissante ?
« La Loi est supérieure à l’homme »,
Dit Harry Gras, le Juste.

Te Whiu était trop jeune pour voter
Révèlent les registres de la prison :
Certains ont pensé qu’il était trop jeune pour être pendu,
La Loi a dit que non.
Qui sait la peur que cache le roseau
Ou la destination des canards sauvages ?
« Mieux vaut une trappe et une corde »,
Dit Harry Gras, le Sage.

Bien qu’il ait maintes fois enroulé son veston
Et couché à la dure,
Il repose maintenant dans du béton bien dense
Jusqu’au Jugement Dernier.
Dans un drap ou une allée de granit
Dorment les Ministres d’État.
« Nous ne pouvons rien faire pour le pauvre désœuvré »,
Dit Harry Gras, le Magnanime.

La miséricorde a remué comme un vent d’été
Les perruques et bottines cirées
Et les visages allongés de Jéhovah
Sur leurs costumes du dimanche.
Le jury était dans le doute,
Le juge a débattu longuement ;
« Laissons la Justice suivre son droit chemin »,
A dit Harry Gras, le Fort.

Le boucher et le boulanger
Sifflotaient dans la rue
Quand le bourreau banda les yeux de Te Whiu
Et lia ses mains et ses pieds,
Qui volèrent pour acheter une bicyclette
Et tuèrent dans le sang de l’affolement.
« Le prêtre, à la fin, a reconquis son âme »,
A dit Harry Gras, le Bon.

Ô certains tueront par rage ou par peur
Et certains tueront par haine,
Et d’autres tueront en terres étrangères
Au service du maître État.
La Justice marche à pas lourds dans le pays,
Portant une corde et un linceul.
« Nous ne changerons pas notre politique »,
Dit Harry Gras, le Superbe.

La maison en ruine

Je suivis le sentier de terre qui mène
Du Pont Noir à la ferme de Duffy,
Marchant loin de la trace de tout éclaireur,
Ainsi libéré, en apparence, de tout le mal
Qui eût pu survenir – comme un mauvais porte-bonheur
Qui s’accroche à la protection qu’on croyait la plus sûre.

Une fois au sud, le ciel s’épaissit
Et la pluie s’abattit subitement au sommet de la colline :
Dans une futaie de gommiers
(Où le vent ranimait leurs jeunes feuilles ainsi que le ressac, de loin en loin)
Je me mis à l’abri : leurs racines asséchaient le gazon
De la vie jusqu’à ce que le sol meure de faim.

Mais un malheur plus ancien s’exprima clairement
Depuis le tertre vert où des chardons jonchaient
Ses filandres barbues. Gauches,
Les pierres carbonisées parsemées ça et là
Pouvaient rappeler l’homme; bien que là où la maison se dressait
Se dresse seulement du chardon en haillons.

Ce n’était pas ici Désolation qui étalait
Son funeste panache et sa bannière,
Ni une malédiction d’Atrides qui intimidait
Le cœur avec le regard fixe d’une gorgone;
Mais plus noirs semblaient les gommiers bleus bercés, et plus sombre l’air,
Dans l’ombre hantée de la défunte joie.

Là, autrefois, l’obscurité était fendue
Par la lueur du foyer qui flamboyait tendrement à l’intérieur :
Impérissables semblaient son havre et son espoir.
Ô Temps, c’est le Temps qui prend dans un piège
Le vif de l’être ! Elle est pâle maintenant, et fine comme la filandre,
La toile que leurs vies avaient tissée.

Pays de collines

Ciel palot, les montagnes montent
Là-haut : proches, en terrasses, des roches
Claires de l’aine, et poussées vers la plaine
Par de noires épaules pleines. D’olivâtres aplats
Sèchent là.
Un jeune genêt jaune jaillit,
Chargé de pollen. Des zzz… zzz… d’abeilles
Brisent l’air et fusent dans la bise –
Corps nus, mornes, bleues cornes,
Elles vont et se hissent sur l’edelweiss –
Les abeilles fusent, zzz… zzz…, elles zombent :
C’est le rush vers la ruche,
Puis tombent.
Mezzo, petit oiseau;
Le vent vibre sur la plaine,
Cette sèche et haute plaine :
L’herbe fine résonne aux vents
Quand s’éventent les vents.

Sur la rocheuse façade, l’argile s’évade,
Alors libérant l’or des canaux de gravier,
Jusqu’en bas, sur les vieux gravats
Désembourbés. Ami de la terre,
Reste ici. Demeure.

Plateau olivâtre, plateau jaune, plateau du saule,
Passe-les. Laisse passer le vent et l’herbe des collines.
Reste-là. Couche-toi à l’écart
De la brique sèche, par le soleil séchée.
Reste-là, enfoncé dans l’argile,
L’argile de soleil et d’eau,
Creusée à la gouge, l’argile béante,
L’argile.

PROSE TRADUITE

D’après John Donne

Première méditation

VARIABLE et par conséquent misérable condition de l’Homme : en cette minute j’allais bien et je vais mal en celle-ci. Je suis surpris par un changement soudain, une dégradation de mal en pis, et ne puis l’attribuer à aucune cause ni l’appeler d’aucun nom. Nous étudions la Santé, nous délibérons au sujet de nos viandes, de notre boisson, de notre air, de nos exercices, nous équarrissons et polissons chaque pierre constitutive de cet édifice, et de la même manière notre Santé est un ouvrage long et régulier. Mais en une minute un canon endommage tout, renverse tout, démolit tout. Une maladie imprévue malgré toute notre diligence, insoupçonnée malgré toute notre curiosité, ou plutôt imméritée si nous considérons seulement le désordre, nous assigne, nous saisit, nous possède, nous détruit en un instant. Ô misérable condition de l’Homme, qui ne fut pas imprimée par Dieu, lui qui, étant lui-même immortel, avait mis une braise, une étincelle d’Immortalité en nous, que nous eussions pu embraser en une flamme, mais que nous éteignîmes par notre premier péché. Nous nous sommes ruinés nous-mêmes en convoitant les fausses richesses et nous sommes infatués nous-mêmes en convoitant le faux savoir. Si bien que maintenant non seulement nous mourons, mais nous mourons au terme du délabrement, nous mourons par le tourment de la maladie. Mais ce n’est pas seulement cela, nous sommes affligés par avance, suprêmement affligés par ces jalousies et ces soupçons, et par ces appréhensions de la maladie avant que nous puissions l’appeler maladie, nous ne sommes pas sûrs d’être malades : une main interroge le pouls de l’autre et notre œil interroge notre urine, pour savoir comment nous allons. Ô misère multipliée ! Nous mourons sans pouvoir nous réjouir de la mort parce que nous mourons dans le tourment de la maladie, nous sommes tourmentés par la maladie sans pouvoir demeurer en paix jusqu’à ce que le tourment advienne, car les appréhensions anticipées et les présages prophétisent ces tourments, induisant cette mort avant qu’elle ou la maladie advienne. Et notre anéantissement est conçu dès ces premiers changements, accéléré dans la maladie en tant que telle et né dans une mort datée depuis ces premiers changements. Est-ce l’honneur que l’Homme gagne à être un petit monde du fait qu’il éprouve en lui-même ces tremblements de terre, ces soubresauts soudains, ces illuminations, ces éclairs soudains, ces coups de tonnerre, ces bruits soudains, ces Éclipses, ces obscurcissements soudains et ces noircissements de ses sens, ces Étoiles filantes, ces brûlantes exhalaisons soudaines, ces Rivières de sang, ces soudaines eaux rouges ? Est-il un monde pour lui-même simplement du fait qu’il se suffit à lui-même, non seulement pour se détruire et s’exécuter lui-même, mais pour présager cette exécution de lui-même, assister la maladie, lutter contre la maladie, rendre la maladie le plus irrémédiable par de tristes appréhensions et, comme s’il voulait rendre le feu le plus véhément, en aspergeant de l’eau sur les braises, afin d’envelopper une fièvre ardente dans une froide Mélancolie, la moindre fièvre à elle seule ne pourrait pas être destructrice assez rapidement sans cette contribution ni accomplir sa besogne (qui est la destruction) à moins que nous n’ajoutions une maladie artificielle de notre propre mélancolie à notre fièvre naturelle, si peu naturelle. Ô perplexe décomposition, ô catarrhe envahissante, ô misérable condition de l’Homme !